Le 17 octobre 1961, à l’appel du FLN, des milliers d’Algériennes et d’Algériens manifestaient à Paris pacifiquement pour l’indépendance de l’Algérie.
Des centaines d’entre eux seront frappés, jetés dans la Seine, massacrés, arrêtés. Les historiens estiment à prés de 400 le nombre de morts à Paris.C’est le Préfet de Police de Paris Maurice Papon, jugé plus tard pour sa collaboration active avec les nazis, qui conduit la répression extrêmement violente.
Au plus haut sommet de l’État, les faits étaient connus, le silence et le déni sont organisés…jusqu’à la fin des années 90 où les historiens, notamment Jean Luc Einaudi, ont révélé la réalité, produisant des témoignages et archives officielles.
En 2012, un Président de la République -François Hollande- reconnaît pour la première fois les faits et rend hommage à la mémoire des victimes par un simple communiqué.
En 2021 Emmanuel Macron, reconnaît des « crimes inexcusables pour la République » en se rendant sur le Pont De Bezons, un des lieux du massacre.
En 2024, l’ Assemblée Nationale vote une résolution réclamant au gouvernement une journée commémorative de ce massacre.
Pendant la guerre d’Algérie, les communistes étaient eux mêmes réprimés en France et leur journal « l’Humanité » régulièrement censuré et interdit. En Algérie, leur journal Alger Républicain était complètement interdit, son directeur Henri Alleg emprisonné -comme de nombreux militants- témoignant de la torture dans son livre « La Question » lui aussi interdit. Nous n’avons eu de de cesse de réclamer la vérité sur cette répression parisienne comme sur l’ensemble des faits de torture, atteintes aux droits de l’homme, crimes contre l’humanité commis par la France pendant la guerre d’Algérie.
Car il faut se souvenir, mais aussi mener le travail historique pour que chacun s’approprie cette mémoire collective et que le silence d’hier ne dresse pas entre les peuples un mur infranchissable.
Les peuples français et algérien ont une histoire commune, douloureuse, mais ils ont également tissé des liens humains, familiaux et culturels profonds. Nous voulons que les générations futures puissent construire une relation fondée sur la vérité, le respect mutuel, la dignité et la fraternité..
Regarder le passé avec lucidité c’est la condition pour bâtir ensemble un avenir de paix , de justice et de fraternité.








