Après avoir battu Le Pen, adhérez au parti communiste pour vous donner de la force face à Macron !

Sites Web : réflexions d’une veille de vote à Vénissieux - Blog Vénissian de Pierre-Alain Millet

Publié le samedi 5 septembre 2015

⇒ http://pierrealainmillet.fr

Blog de Pierre-Alain Millet, 2008-2014, adjoint PCF au maire de Vénissieux, chargé de l’environnement, du cadre de vie, des énergies et du développement durable 2014-2020, adjoint PCF au maire de Vénissieux, chargé du logement, du développement durable et des énergies. Je contribue aussi aux sites du journal des communistes de Vénissieux Le Venissian du réseau Faire vivre et renforcer le PCF

réflexions d’une veille de vote à Vénissieux

http://pierrealainmillet.fr/IMG/logo/img_20260312_183459.jpg
22 mars, Par Pierre-Alain

Un samedi de repos avant une longue journée de vote, temps de rencontres avec des centaines de voisins, électrices et électeurs, et le temps attentif et stressant du dépouillement jusqu’aux résultats en mairie. Ce texte se publiera dimanche après le vote.

Cette élection est particulière. Vénissieux est observé nationalement comme la plus grande ville communiste hors région parisienne. Une de mes filles me disaient il y a quelques mois « vous ne vous rendez pas compte, mais c’est extraordinaire que des communistes dirigent encore une grande ville comme Vénissieux… »

C’est ce qui me disait une élue insoumise sortante, candidate contre nous cette fois, « les communistes ont fait beaucoup de choses bien, la résistance, la lutte anti-coloniale, les luttes sociales, mais vous êtes un parti du passé ». C’était le thème de l’interview de Idir Boumertit dans le Progrès, « Le désamour pour le PC est cinglant (…) Nous ne sommes pas la béquille du PCF, qui a peut-être fait son temps à Vénissieux. »

Je ne crois pas que pour les Vénissians, ce soit le sujet du vote. Pourtant, c’est bien ce que toute la presse regardera. Oui ou non, les communistes peuvent ils encore diriger un rassemblement large dans une grande ville ?

En 2014, puis 2015, nous avions résisté au député socialiste qui croyait pouvoir l’emporter dans la foulée de la vague présidentielle Hollande de 2012… Il y avait déjà celui qui se présentait sans modestie comme l’Obama de Vénissieux, Lotfi Ben Khelifa (LBK), allié à ce député pas très à gauche, qui, quelques mois plus tard s’engagera dans la macronie. Déjà, il parcourait les mosquées pour utiliser la religion comme argument électoral, allant même jusqu’à diffuser des messages aux supposés musulmans selon leur nom…

En 2020 aussi, nous avons résisté au même député macroniste qui croyait pouvoir l’emporter dans la foulée de la vague présidentielle Macron en 2017… toujours avec LBK, toujours dans le populisme…

Je crois qu’en 2026 nous allons tenir face au député dit insoumis, qui a choisi de s’allier toujours avec ce LBK qui, il y a quelques mois, défendait au PS la motion contre tout accord avec LFI ! Le pire de la politique politicienne.

Mais aucune bataille n’est gagnée d’avance. Et ma fille a raison. La tendance historique en occident, c’est l’affaiblissement du mouvement social et du parti communiste en même temps qu’une crise économique, sociale et démocratique qui aurait besoin au contraire d’un puissant parti communiste pour organiser la résistance populaire.

Mais nous restons dans l’erreur terrible de l’union de la gauche sous forme d’accords électoraux autour d’un programme commun dont le contenu est vite devenu secondaire. Mélenchon est de ce point de vue le vrai continuateur de Mitterrand. L’histoire nous a dit que c’était une impasse, mais on sait qu’elle se répète, souvent en farce.

Cela dit, au-delà de l’enjeu national d’une issue à la crise de la gauche et à la crise démocratique, le premier enjeu concret pour les Vénissians, c’est de poursuivre ou non une gestion progressiste, populaire, sociale, rigoureuse, républicaine, au service de tous les Vénissians, et je suis convaincu que l’équipe de Michèle Picard est la seule capable de le faire.

Il y a un projet de droite, symbolisé par le discours de Aulas venu au marché des minguettes soutenir celui qui se dit sans étiquettes mais se présente avec tous les partis du centre macroniste et de droite. Beaucoup de promesses que personne ne croie, mais des annonces claires, remise en cause des services publics comme la régie de l’eau, méga-projet routier pour Lyon au détriment des villes populaires et des transports en commun. Et quand on sait que le candidat d’extrême-droite, ancien LR, regrette que certains de ses amis soient sur la liste de Mr Dureau, on comprend que l’union de toutes les droites est aussi possible à Vénissieux.

Et donc, il y a le projet porté par Michèle Picard, discuté l’automne dernier avec des centaines de Vénissians, un projet qui s’appuie sur l’expérience des mandats précédents et notamment des crises sanitaires, énergétiques, financières qu’on a surmonté en tenant nos engagements.

C’est le vrai sujet de l’élection de ce dimanche, et beaucoup dépend de la participation.

Mais quel que soit le résultat, je continuerai à affirmer que sans parti communiste, un peuple est désarmé, désuni, à la merci de tous les « sauveurs suprêmes ». J’ai connu la défaite face à François Mitterrand dans ma jeunesse. J’ai aussi connu la défaite face à Jean-Luc Mélenchon s’imposant aux communistes avec la complicité d’une large partie de leurs dirigeants, s’en servant avant de le rejeter. Je sais aussi que le parti communiste s’est auto-dissous en Italie, qu’il a été exterminé en Indonésie, en Irak, éliminé aux USA par le maccarthysme. Je sais aussi qu’à Cuba malgré la guerre économique des USA, le parti communiste permet à ce peuple de tenir, avec la santé et l’éducation gratuite de haut niveau malgré les coupures quotidiennes d’électricité. Et je sais que les communistes chinois démontrent qu’ils peuvent diriger un immense pays avec développement, innovation, droits sociaux, services publics…

Bref, la question communiste est une question du temps long de l’histoire, essentielle pour sortir des guerres portées par le capitalisme comme la nuée l’orage disait Jaurès, une question mondiale, bien au-dela de la situation vénissiane. Et tout s’accélère dans le basculement du monde rejetant la domination neocoloniale occidentale. Et c’est tous sauf une question d’abord électorale. Notre peuple a besoin de construire son unité, sa force, sa capacité à diriger la société à la place des actionnaires qui le saigne et ne développe plus rien. Et c’est l’enjeu décisif à Vénissieux comme ailleurs. La ville peut être ou non un point d’appui, cela reste la question posée demain…

→ Lire la suite sur le site d’origine…


Revenir en haut