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Contexte et enjeux du congrès : un parti face à des défis majeurs

Jeudi 21 mai 2026

Résumé d’une longue discussion des communistes de Vénissieux sur la base commune et les textes alternatifs proposés au choix des communistes. L’IA peut être un outil incroyable au service de la vie démocratique…

Le rapport introductif de Marie-Christine Burricand

Contexte et enjeux du congrès : un parti face à des défis majeurs

Ce congrès se tient dans un contexte politique et social particulièrement complexe. D’abord, le risque de victoire du Rassemblement National est réel et préoccupant. Comme le souligne M. il est crucial d’éviter que cette menace ne devienne une réalité, tout en réfléchissant aux moyens de la contrer. Pour lui, le débat ne doit pas se concentrer uniquement sur la question d’une éventuelle candidature à la présidentielle, mais plutôt sur l’élaboration d’un projet de société radical, porteur de rupture et de lutte de classe. Il insiste sur la nécessité de mobiliser les citoyens et les abstentionnistes, notamment en proposant des réponses concrètes aux préoccupations immédiates : pouvoir d’achat, santé, éducation, culture, et lutte contre la concentration des médias et des pouvoirs économiques.

M. quant à elle, pose une question fondamentale : quelle est la position officielle du parti sur l’Union européenne ? Faut-il envisager une sortie des traités européens, au même titre que la sortie de l’OTAN ? Cette question, qui traverse les débats, mérite une réponse claire et structurée, car elle conditionne une partie de la crédibilité du projet communiste.

Un projet de société ancré dans les luttes sociales et économiques

Plusieurs intervenants soulignent l’urgence de revenir aux fondamentaux : les luttes sociales, la défense des services publics, et la critique du capitalisme. V. et C. rappellent que le Parti communiste a toujours été un acteur clé dans la défense des travailleurs et des classes populaires. Pour V., il est impératif de réaffirmer notre identité communiste sans complexe, en rappelant les avancées historiques du parti (comme à Vénissieux) et en expliquant ce que nous apportons aujourd’hui. Elle critique les alliances opportunistes avec d’autres forces politiques, qui ont souvent affaibli notre position et notre crédibilité.

C. insiste sur la nécessité de changer le système, pas seulement de le gérer. Il rappelle que le but du communisme n’est pas seulement la prise du pouvoir par les élections, mais une transformation profonde de la société, où la classe ouvrière et les travailleurs prennent le contrôle des moyens de production. Pour lui, le mot ’communiste’ n’est pas un obstacle, mais une force : il permet de se distinguer des partis qui, sous d’autres étiquettes (socialiste, radical, etc.), ne remettent pas en cause le capitalisme.

La question de la présidentielle : entre pragmatisme et radicalité

La discussion sur une éventuelle candidature à la présidentielle divise les intervenants. M. et F. considèrent que les conditions pour une candidature unifiée de la gauche ne sont pas réunies. M. va jusqu’à dire que, sur le fond, une élection présidentielle ne change rien : elle ne résout pas les problèmes structurels de la société. Il préfère une candidature communiste, même si elle n’atteint pas un score élevé, plutôt que de miser sur des alliances fragiles qui pourraient affaiblir davantage le parti.

G. partage ce scepticisme : il estime que la gauche, dans son ensemble, ne dépasse pas les 30 % des voix, et que la question d’un candidat unique ne changera pas cette donne. Il met en garde contre le ’vote utile’ au second tour, qui pourrait exclure le Parti communiste au profit d’autres forces de gauche, comme cela s’est produit en 2022 et 2024.

L’Europe et l’OTAN : des questions stratégiques à clarifier

S. aborde la question de l’Union européenne, en soulignant que la base commune propose une sortie des traités européens pour construire une autre Europe, fondée sur la coopération entre nations plutôt que sur la domination des institutions européennes. Il rappelle que l’un des enjeux majeurs est de combattre les divisions imposées par le capitalisme, qui alimentent le vote pour l’extrême droite. Pour lui, le Parti communiste doit être un acteur clé dans cette bataille des idées, en proposant une alternative claire à la logique européenne actuelle.

L’organisation du parti :cells, recrutement et modernisation

Plusieurs intervenants reviennent sur l’organisation interne du parti, un sujet qui cristallise des tensions. G. et M. soulignent que la disparition des cellules (cellules d’entreprise, cellules locales) a affaibli le parti, en réduisant les débats internes et l’ancrage dans les luttes sociales. Pour G., il est urgent de relancer les cellules et d’organiser des grands débats sur les questions de fond (immigration, guerre, etc.), afin de redonner une voix politique et théorique aux militants.

D. interroge la question du nom du parti. Pour lui, le terme ’communiste’ est associé à des représentations négatives (URSS, stalinisme). Il cite l’exemple du Parti du Travail de Belgique (PTB), qui, sans utiliser le mot ’communiste’, a réussi à gagner en influence. V. s’oppose fermement à cette idée, arguant que le Parti communiste a une histoire et des acquis qu’il ne faut pas renier.

La bataille contre l’extrême droite : un défi politique et social

Un des enjeux centraux de ce congrès est la lutte contre le Rassemblement National. P. et S. insistent sur le fait que le vote RN ne peut être contré par des discours moralisateurs ou des alliances tactiques. Pour P., ce vote s’explique par la concurrence entre les catégories sociales (jeunes vs vieux, régions vs régions, etc.), alimentée par le capitalisme. Il cite Thorez, qui, en 1937, voulait récupérer les 4 millions de voix ouvrières perdues par le Front populaire. Pour contrer le RN, il faut proposer une alternative crédible, fondée sur la justice sociale, la réindustrialisation, et la redistribution des richesses.

S. ajoute que la gauche, en se divisant et en renonçant à un projet radical, a laissé le champ libre à l’extrême droite. Il critique Mélenchon, qui, selon lui, divise la gauche en catégorisant les électeurs (ouvriers blancs vs électeurs issus de l’immigration), ce qui joue directement dans les mains du RN.

Les luttes sociales : salaires, retraites, santé et emploi

Plusieurs intervenants reviennent sur l’importance des luttes sociales concrètes. G. rappelle que la question du travail a été largement abandonnée par la gauche, au profit de mesures comme le revenu universel, qui divisent les salariés. Pour lui, il faut recentrer le débat sur l’emploi, la défense des industries locales, et la lutte contre les licenciements. Il cite l’exemple de la CGT, qui a remis la question de la défense de l’emploi au cœur de ses combats, notamment dans la vallée de la chimie.

La Chine et le monde : des enjeux géopolitiques à intégrer

Plusieurs intervenants évoquent la place de la Chine dans le monde et son modèle de développement. M. et P. soulignent que la Chine, malgré ses contradictions, représente une alternative au capitalisme occidental, notamment en matière d’industrie et de technologie. Ils appellent à une réflexion approfondie sur ces modèles, pour en tirer des leçons sans renier nos propres valeurs.

Calendrier et prochaines étapes

Le congrès se déroule dans un calendrier serré :

  • 5-7 juin : Vote sur les textes du congrès national.
  • 12-13 juin : Conférence de section à Vénissieux, pour préparer le congrès départemental et national.
  • 19-20 juin : Conférence fédérale, où seront élus les représentants au comité départemental et au Conseil national. S. rappelle l’importance de payer ses cotisations pour participer aux votes, et Pierre-Alain insiste sur la nécessité de choisir la base commune et de l’amender pour en faire un outil mobilisateur. L’objectif est de repartir avec des idées claires et une dynamique renforcée, en mobilisant un maximum de militants.

Conclusion : un congrès pour reconstruire et mobiliser

Ce congrès doit permettre au Parti communiste de clarifier son projet, de renforcer son organisation, et de se repositionner comme une force politique crédible. Les enjeux sont multiples :

  • Affronter l’extrême droite en proposant une alternative sociale et économique.
  • Relancer les luttes concrètes (emploi, retraites, santé) pour reconnecter le parti aux classes populaires.
  • Clarifier notre position sur l’Europe et l’OTAN, en proposant une sortie des traités pour une Europe des nations.
  • Moderniser notre image et notre organisation, sans renier notre histoire et nos valeurs.

Comme le souligne P. à la fin de la discussion, l’enjeu n’est pas seulement de choisir un texte parmi quatre, mais de faire de ce congrès un moment mobilisateur, en impliquant un maximum de militants et en repartant avec des idées claires et une dynamique renforcée.

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