Il a tout fait pour que la violence et la casse démobilise une part des mécontents. La gestion du "maintien de l’ordre", transformé en "maintien du désordre", permettant une déferlante d’images répétées, l’incendie de Limoges, de Lyon, les affrontements entre jeunes en noir et policier en robocop. Les habitués des journées syndicales ont été souvent surpris des charges répétées sur les cortèges, piégeant des milliers de manifestants ne sachant où aller et poussant des milliers de jeunes dans la colère vers l’affrontement.
Encore ce 5 novembre, la répression a été violente, avec des milliers de manifestants pacifiques gazés à tel point qu’il a fallu reculer et qu’au moment de tourner des quais sur l’avenue Berthelot, puis à l’arrivée à Jean Macé, une grande partie de la manifestation a cherché à échapper au gaz dans les rues adjacentes, conduisant à un cortège énorme mais désorganisé, facilitant d’ailleurs les provocations de ceux qui veulent l’affrontement avec la police.
Il faut souligner les conditions inédites de restriction du droit de manifester, dans les contraintes sur les parcours, les modifications de dernière minute, les sommations inaudibles, les charges contre les cortèges syndicaux, le ministre de l’Intérieur réduit à un ministre de la répression promettant en permanence « une réponse d’une extrême fermeté » aux débordements. C’est un bras de fer sur les libertés que le pouvoir a perdu ce 5 novembre, comme le dit le délégué CGR Renault Trucks « On sent un phénomène cumulatif : la sympathie à l’égard du mouvement des lycéens et les gens s’interrogent sur les restrictions des libertés […] Cela a créé un sursaut de la part de gens qui d’habitude ne s’expriment pas trop »
Sophie Binet (CGT) dénonce comme « inédit de telles remises en cause des libertés fondamentales » et souligne : « Ils ont tout essayé pour casser la mobilisation, ils ont essayé la répression, ils ont essayé les vacances, ils ont essayé les violences, ils n’ont pas réussi », ajoutant que « plus vous attendez, plus la facture s’élèvera »
Le pouvoir ne réalise pas la profondeur d’une colère qui relie toutes les catégories populaires comme le montre cette pancarte « Des lycéens mutilés, soignés dans des hôpitaux délabrés, par des soignants sous payés »
Mais nous sommes fiers d’avoir participé à cette belle journée qui fera date. Voici un reportage photo, autant sur la mobilisation des communistes que sur la créativité des pancartes… Parmi nos slogans les plus repris « l’argent pour les salaires, pas pour la guerre, l’argent pour les lycées, pas pour l’armée », mais aussi « TOTAL SCANDALE, NATIONALISATIONS ! »
et un extrait des chants… nous avons fait les canuts, le drapeau rouge, la jeune garde et bien sûr, l’internationale !



















